Maupassant – Logements à Divonne

Guy de Maupassant a passé l’été 1891 à Divonne. Il est venu « prendre les eaux », espérant guérir de ses atroces névralgies. Il était accompagné par son fidèle valet de chambre, François Tassart. Ils ont tout d’abord logé à la Maison Monpella, à Vésenex, une commune voisine de Divonne (Vésenex a été rattachée à Divonne en 1965).
Le « dénombrement » de 1891 nous apprend que Vésenex comptait 52 maisons,
62 ménages, 261 individus.
VésenexDivonne (qui ne s’appelait pas encore officiellement Divonne-les-Bains) comptait,
en 1891, 306 maison, 425 ménages, 1574 individus…

Souvenirs sur Guy de MaupassantDans ses souvenirs, François Tassart a noté :
« Mon maître désire être un peu éloigné du centre du bourg ; aussi, c’est dans la campagne, chez la veuve d’un médecin, dans une sorte de ferme, que nous prenons un pied-à-terre. Monsieur de Maupassant va par la route prendre sa douche deux fois par jour. Mais ce chemin lui parait long par sa monotonie. »

Les « Souvenirs sur Guy de Maupassant par François son valet de chambre » sont disponibles aux éditions du Mot Passant. www.motpassant.fr

Maupassant ne se sent pas bien dans cette maison de campagne. Il ne dort pas la nuit. Ses maux de tête l’empêchent trouver le sommeil. Mais en plus, il est gêné par des bruits anormaux… François Tassart aussi entend des bruits bizarres. Ils ont peur. La maison serait-elle hantée? Enfin, la cause du raffut nocturne est découverte. Le valet de chambre raconte : « … des souris passaient sous nos yeux en groupe, comme des patrouilles en reconnaissance, la lumière ne les gênant nullement, nous avons organisé un jeu d’embûches pour ces imprudentes. Avec le filet à provisions et quelques engins inventés pour la circonstance par mon maître, nous avons capturé trente-deux de ces bestioles… »
Ils ne seront restés que quelques jours dans cette inquiétante demeure.

Par bonheur, Maupasssant trouve à louer une « moitié de chalet avec cuisine »  à Divonne, au centre du bourg. Le logement est coquet,  confortable et bien situé.  « Dès la première nuit, Monsieur a eu un meilleur repos. Après quinze jours d’un calme parfait dans cette proprette demeure, mon maître parait avoir recouvré sa belle humeur et sa santé d’autrefois. » Maupassant cite le nom du chalet dans sa correspondance : Chalet du Mont-Blanc. Comme l’inscription est restée gravée sur le portail, nous n’avons pas eu de peine à le repérer.

Portail du chalet du Mont-BlancLe « chalet » n’a pas changé depuis la fin du 19ème siècle. En voici une photo datant des années 1930 :
Chalet du Mont-Blanc à DivonneEn face du chalet du Mont-Blanc se trouvait (et se trouve toujours) l’hôtel de La Truite, probablement le plus ancien hôtel de Divonne (fondé en 1783), qui a fortement contribué à la notoriété touristique de la station.
Hôtel-pension de la Truite - carteHôtel Pension de La TruiteMonsieur André Gaud, ex-propriétaire de La Truite était très fier de raconter : « Maupassant a logé chez nous! Il habitait la chambre N°8. Il fallait lui monter chaque soir 36 bougies sur un plateau parce qu’il écrivait la nuit. Il a écrit Le Horla à la Truite. » Et les journaux locaux de relayer ses propos… Et les Divonnais de répéter ce que les journaux avaient relayé….
Voyons, cher Monsieur Gaud! Vous étiez bébé à l’époque où Maupassant est venu à Divonne. Vous déformez! Maupassant dans sa correspondance mentionne la maison Monpella et le chalet du Mont-Blanc ; jamais La Truite. Mais on ne peut pas vous accuser de mentir, puisque Maupassant est descendu au chalet du Mont Blanc, qui fait face à votre hôtel et en était, à l’époque, une annexe. Il est indéniable que votre famille l’a rencontré, l’a eu comme client, et même l’a servi. D’après vous, Maupassant serait venu à Divonne plusieurs fois de suite. Votre mémoire vous trompe! Maupassant est venu en 1891, c’est tout. A Divonne, il n’écrivait pas la nuit! Il souffrait de névralgies oculaires si violentes qu’il ne supportait pas la lueur d’une seule bougie. D’ailleurs écrire ne serait-ce que quelques lignes lui demandait un effort considérable.  Et puis Maupassant avait écrit Le Horla bien avant que de venir à Divonne. Mais nous ne vous en voulons pas d’avoir affabulé. Vos racontars ont au moins le mérite d’avoir perpétué la mémoire de la venue de Maupassant à Divonne comme curiste! Donc, merci quand même!

 

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