René Vidart fêté à Divonne-les-Bains

René Vidart fêté à DivonneLe 11 juin 1911 fut une des plus belles journées que Divonne-les-Bains ait connues. Ce jour-là, l’aviateur René Vidart est rentré à Divonne, auréolé de son succès dans la course Paris-Rome. Parti avec 10 autres concurrents de l’aéroport de Buc, près de Paris, le 28 mai, sur son monoplan Deperdussin, il a atterri à Rome le 5 juin, 4ème de cette redoutable expédition, derrière Beaumont, Garros et Frey. 4ème et dernier arrivé, les autres ayant dû abandonner. Pendant cette course d’une terrible longueur (1.500 km!) René Vidart a accumulé les problèmes. Il a dû réparer son appareil à plusieurs reprises, ou bien il a perdu du temps parce qu’il ne distinguait pas le terrain d’atterrissage, ou bien il souffrait du brouillard, des bourrasques de vent et de la pluie, et la fatigue… la fatigue…. et finalement, comble de malchance, le 4 juin alors qu’il approchait du but, il était obligé de resté immobilisé une journée à cause des grandes festivités du cinquantenaire de l’Indépendance italienne et de l’inauguration du Monument Victor-Emmanuel à Rome. Retardé d’un jour! Quelle déveine! Lui, le jeune Vidart, le benjamin de la course, il n’était pas entouré d’une grosse équipe de secours comme Beaumont et Garros qui étaient soutenus par l’équipe Blériot, avec mécaniciens et matériel de rechange transporté en train et en camion… Garros (mais où prenait-il l’argent?) changeait d’avion comme de chaussettes « J’ai cassé mon avion? Bah! j’en achète un autre ric-rac et je le paye cash! » Bigre! Le jeune Vidart n’avait qu’un appareil. S’il était endommagé, il fallait le réparer sur place. Et les réparations, ça prend du temps.  Têtu et courageux, René Vidart s’est obstiné, il a vaincu les obstacles, il est parvenu jusqu’à la ville éternelle, et là, sur l’aéroport de Pariolli, quand il est descendu de son monoplan, tandis que la foule l’ovationnait, on l’a vu danser de joie. Tous les coeurs se sont émus qu’un jeune héros danse ainsi avec une spontanéité d’enfant.

Quand René Vidart est descendu du train à Divonne le 11 juin 1911, les Divonnais étaient sur le quai pour l’accueillir, fanfare en tête. Les journalistes préparaient leurs questions, tout excités, leur calepin à la main. Et voilà le grand jeune homme svelte, élégant, distingué qui apparait avec son beau sourire. Il a l’air si délicat, avec son regard un rien mélancolique, on se demande comment il peut se battre dans le ciel contre les éléments déchainés. Lui si smart, peut-on l’imaginer débraillé et couvert d’huile de ricin? Les gens l’ont surnommé « le grand gosse joyeux ». Il s’exprime si bien. Il parle comme un poète…
René Vidart descend du train 11 juin 1911Voici le compte-rendu des festivités, paru dans le Journal de Genève du 13 juin 1911 :
« René Vidart fêté à Divonne-les-Bains
« Vidart, le quatrième de Paris-Rome s’est rendu dans sa famille à Divonne-les-Bains, avant de regagner Paris pour prendre part au Circuit Européen. Le jeune aviateur a été reçu à sa descente du train, par la municipalité de Divonne, les sociétés locales et toute la population.
« M. Olivet, maire, et M. Dubougel, directeur des bains, ont félicité le jeune aviateur de sa superbe performance, dont l’honneur rejaillit sur sa ville natale.
« Un cortège composé de la fanfare, d’automobiles toutes fleuries, où avaient pris place l’aviateur, son père et sa mère, la municipalité et plusieurs amis intimes, etc. a parcouru les différentes artères. Il a défilé devant le monument élevé au docteur Vidart, fondateur des bains, puis après un lunch chez M. Vidart père, est venu se disloquer dans la cour de l’établissement hydrothérapique. Là encore, se furent des discours, des applaudissements sans fin en l’honneur de René Vidart, dont l’émotion était grande. »
Le célèbre aviateur René Vidart« Je veux étonner les oiseaux, défier les étoiles. » (René Vidart)

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